Association Art D'Etre en paix (ADEEP)

Avec de nouveaux outils, on peut très bien faire les même choses aussi bien qu’avant et peut être plus rapidement et en créant de plus beaux produits. Mais on peut aussi repenser en profondeur les manières de faire dans un but d’améliorer la qualité globale de l’acte à accomplir. Les technologies de l’information et de la communication (TIC) peuvent aussi être utilisées en pédagogie pour faire les mêmes choses qu’avant ou pour soutenir une nouvelle pédagogie. En effet, bien que les recherches montrent que les TIC  peuvent contribuer à renouveler les pratiques pédagogiques des enseignants, elles ne le font pas nécessairement, de manière automatique et spontanée. Les valeurs, les croyances et les habitudes des intervenants scolaires quant à la manière d’apprendre et d’enseigner constituent des facteurs déterminants dans les types d’applications pédagogiques des TIC qui seront développées.

Les pratiques et les usages dans l'apprentissage sont bousculés par la révolution que l'ont nommera multimédia ou les arts numériques ou les plateformes ....le Web. Nous lisons divers rapports (nombreux sur le multimédia) et le monde enseignant à juste titre est souvent démuni devant l'enjeu que représente ces nouveaux outils. Alors il est peut être temps d'associer le monde des arts (cinéastes, réalisateur radio, plasticien (ne), monteur image, ingénieur du son...) qui eux le pratique depuis maintenant plus d'une vingtaine d'années et qui sont les précurseurs dans la mise en place de ces nouveaux outils.

 "Dorénavant, on peut légitimement avancer que les usages liés à l’informatique et à l’internet sont nettement plus mobilisateurs de l’attention des jeunes. La communication numérique devient une pratique installée, suivie et argumentée. La manipulation des supports, les connaissances techniques et ergonomiques, mais aussi économiques, liées à l’interopérabilité des supports, génèrent des modes d’utilisations complexes. Il est donc urgent que l’École en apporte les clés pour une utilisation raisonnée, créative, responsable et sûre.

En parallèle, se posent des questions d’accès aux savoirs numérisés, des questions de sensibilisation des publics et des questions juridiques et techniques de stockage des informations. Un renforcement de l’éducation à la documentation va donc de pair avec une éducation à l’image et aux médias moderne et démocratique.


C’est également le signe que dans la démarche de construction de l’identité, les nouvelles technologies offrent l’opportunité d’appréhender par soi-même le monde qui nous entoure en dehors des systèmes de validation classiques. Or ces méthodes « fabriquées » ou du moins suivies par les jeunes pour apprendre autrement via l’imagerie moderne restent très peu reconnues par l’institution scolaire ou universitaire."

"Bref, nous pouvons dire que la culture numérique dans son ensemble est acceptée comme outil mais encore peu utilisée en classe et in fine laissée aux jeunes, livrés à eux-mêmes face aux sollicitations des industries culturelles et des fabricants d’objets communicants.

C’est un enjeu démocratique que de s’emparer des supports de communication plutôt que de laisser toute une génération subir la pression marketing des marchands de rêve.Et pour ceux qui ont su jouer avec les TIC et qui manipulent bien mieux que leurs aînés des combinaisons d’images diffuses, il ne faudrait pas laisser leur curiosité et leur créativité en jachère sous peine d’en faire des consommateurs gloutons, en rupture avec d’autres formes de sociabilité.

Entre ces deux extrêmes, il existe tout un pan d’expérimentations et d’initiatives à produire pour intégrer l’image et ses usages pédagogiques dans le monde éducatif. Le cinéma, l’audiovisuel et le multimédia."


Extrait du rapport "Éducation à l'image" de Damien Roucou, enseignant à la Sorbonne

http://www.prisme-asso.org/leducation-a-limage-dans-un-projet-educatif-global-damien-roucou-488/

Réflexion autour des arts numériques

 Un nouveau langage

 "Que le rituel transmedia soit bon, qu'il soit juste et suscite une pratique consciente, pour que les récits puissent prendre vie".

 Au commencement était le verbe. Le monde n'est plus le même dès qu'on commence à le raconter. Tout conteur impulse nécessairement un processus de transformation au sein de la réalité. On parle bien là d'un phénomène d'ordre magique : l'action de l'esprit sur la matière, une histoire racontée est comme une pierre lancée dans un plan d'eau, elle génère des ondes de surface. Les techniques de storytelling visent en fait à acquérir une parfaite maîtrise de ces ondes. L'humanité est un grand tissu solidaire qu'il s'agit d'apprendre à faire vibrer. Aujourd'hui, la démultiplication des écrans et des espaces narratifs est à l'origine d'un bombardement constant de la surface de notre réalité. D'innombrables ondes d'intensités et de longueurs variables entrent en sympathie pour créer des vagues plus grosses et des creux plus importants, d'autres encore viennent à s'annuler. Mais de manière générale, l'environnement médiatique bruisse. Et le conteur doit dépenser beaucoup d'énergie pour se prémunir des interférences et acquérir une résonnance significative. Mission de plus en plus compliquée. 

​De cet état chaotique, seul le conteur transmédia peut aujourd'hui véritablement tirer partie. Les énormes quantités d'énergie narrative qu'il se retrouve à manier peuvent être agencées, articulées pour donner aux univers transmédia une puissance phénoménale, une capacité à accomplir l'impensable : rien de moins que prendre vie.


On parle de nous